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Divorcer d'un conjoint violent n'est pas seulement possible — c'est souvent la décision qui permet de mettre fin durablement au danger. Vous n'avez pas à attendre une condamnation pénale, ni à prouver les violences devant un tribunal pénal pour engager la procédure. Le droit civil offre des outils spécifiques, rapides et protecteurs.

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Divorcer malgré les violences : ce que la loi permet

La loi française reconnaît plusieurs formes de divorce. Toutes sont accessibles aux victimes de violences conjugales — sans condition de durée de mariage, sans nécessité de condamnation pénale préalable, et sans obligation d'attendre que les violences cessent.

Aucune attente imposée

Vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales à tout moment, y compris si la procédure pénale est en cours ou si vous êtes encore sous le même toit que votre conjoint·e. La procédure civile de divorce est totalement indépendante de la procédure pénale.

Une protection dès la saisine

Dès que le JAF est saisi, il peut prononcer des mesures provisoires qui s'appliquent pendant toute la durée de la procédure : attribution du logement à la victime, fixation de la résidence des enfants, versement d'une pension alimentaire provisoire, suspension du droit de visite du parent violent.

Si le danger est immédiat, l'ordonnance de protection peut être obtenue en six jours ouvrés — avant même d'engager la procédure de divorce. Les deux démarches peuvent ensuite être menées en parallèle.

Consulter notre guide : Obtenir une ordonnance de protection
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Quelle procédure de divorce choisir ?

Deux procédures sont particulièrement adaptées aux situations de violences. Le choix dépend de votre capacité à prouver les faits, de votre objectif patrimonial et de votre état de santé psychologique au moment de la procédure.

Si les violences sont documentées

Divorce pour faute

  • Les violences constituent une faute grave et renouvelée
  • Peut priver le conjoint fautif de la prestation compensatoire
  • Renforce la position de la victime sur la garde des enfants
  • Preuves utiles : plaintes, certificats médicaux, témoignages
Si les preuves sont difficiles à réunir

Divorce pour altération définitive

  • Possible après 1 an de séparation de fait
  • Ne nécessite pas de prouver les violences
  • Moins éprouvant psychologiquement
  • Délai d'1 an incompressible — à anticiper

Important. Le divorce par consentement mutuel n'est pas recommandé en situation de violences. La négociation directe avec le conjoint violent crée un rapport de force défavorable à la victime et peut conduire à des accords sous emprise.

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Les protections disponibles pendant la procédure

La durée d'une procédure de divorce pour faute (12 à 24 mois) expose la victime à une période de vulnérabilité prolongée. Trois dispositifs permettent de sécuriser cette période.

Mesures provisoires JAF

Dès la saisine

Logement, pension alimentaire, garde des enfants — valables pendant toute la procédure.

Aide juridictionnelle

Dès la demande

Prise en charge des frais d'avocat·e — admission provisoire possible en urgence.

Consulter notre guide : L'aide juridictionnelle pour les victimes
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Logement et biens communs après le divorce

Le divorce met fin au régime matrimonial et déclenche la liquidation des biens communs. En situation de violences, certaines règles jouent en faveur de la victime.

Le logement familial

Pendant la procédure, le JAF peut attribuer la jouissance du logement familial à la victime dans le cadre des mesures provisoires — même si le bien appartient en propre au conjoint violent ou s'il est seul titulaire du bail. Cette attribution peut devenir définitive au moment du prononcé du divorce, notamment si des enfants mineur·es y résident.

La prestation compensatoire

En cas de divorce pour faute, le juge peut refuser toute prestation compensatoire au conjoint fautif, ou en réduire le montant (article 270 alinéa 3 du Code civil). À l'inverse, la victime peut prétendre à une prestation compensatoire tenant compte de la dégradation de sa situation professionnelle ou de santé liée aux violences subies.

La liquidation du régime matrimonial

Elle intervient après le prononcé du divorce, devant notaire. En présence de violence, il est indispensable d'être accompagné·e par un·e avocat·e lors de cette étape pour éviter toute pression ou accord sous emprise.

Si votre conjoint·e a contracté des dettes à votre insu, un·e avocat·e peut demander au juge de vous décharger de ces dettes dans le cadre de la liquidation.

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Les enfants dans un divorce pour violences

L'intérêt supérieur de l'enfant guide toutes les décisions du juge. Les violences exercées sur l'autre parent sont prises en compte dans l'évaluation de cet intérêt — même si l'enfant n'en a pas directement été victime.

Résidence de l'enfant

  • Fixée chez le parent protecteur en priorité
  • La garde alternée peut être refusée si violences avérées
  • Applicable dès les mesures provisoires

Droit de visite

  • Peut être limité, suspendu ou encadré
  • Échanges via espace de rencontre neutre
  • Présence d'un tiers lors des remises possible

Autorité parentale

  • En principe conjointe, même après le divorce
  • Peut être confiée en exclusivité si danger pour l'enfant
  • Décision motivée par le juge

Pension alimentaire

  • Due par le parent chez qui l'enfant ne réside pas
  • Fixée selon revenus et besoins réels de l'enfant
  • Révisable à tout moment si situation change
Consulter notre guide : Protéger ses enfants en cas de violences
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Les questions les plus posées

Questions fréquentes

Vous envisagez de divorcer d'un conjoint violent ?

Maître Benoît Gabert vous accompagne dans l'urgence. Entretien confidentiel, réponse rapide.

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Lun – Ven · 9h – 19h
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