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Un enfant exposé à des violences conjugales — qu'il en soit la cible directe ou le témoin — subit un préjudice reconnu par la loi. Les violences conjugales en présence d'un enfant sont une circonstance aggravante de l'infraction. Le juge aux affaires familiales et le juge des enfants disposent de nombreux outils pour le protéger rapidement, même sans condamnation pénale préalable.

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L'enfant exposé aux violences : ce que dit la loi

La loi distingue deux situations qui entraînent des conséquences juridiques différentes, mais toutes deux ouvrent droit à des mesures de protection.

L'enfant victime directe

Lorsque l'enfant est lui-même la cible de violences physiques, psychologiques ou sexuelles, les infractions pénales spécifiques aux mineur·es s'appliquent. La minorité de la victime constitue une circonstance aggravante qui alourdissent les peines encourues par l'auteur (Code pénal, dispositions propres à chaque infraction). Le signalement est une obligation légale pour tout professionnel·le ayant connaissance des faits (médecin, enseignant·e, travailleur·se social·e).

L'enfant témoin de violences

Depuis la loi du 9 juillet 2010, les violences commises en présence d'un enfant mineur constituent une circonstance aggravante. Être témoin habituel de violences conjugales cause à l'enfant un préjudice psychologique reconnu — et justifie des mesures de protection au même titre que les violences directes.

Un enfant qui assiste aux violences sans en être physiquement la cible peut bénéficier d'une expertise psychologique ordonnée par le juge, d'un suivi thérapeutique et de mesures de protection identiques à celles prévues pour les victimes directes.

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Les actions urgentes à engager

Face à un danger immédiat pour l'enfant, chaque heure compte. Voici les actions à enclencher dans l'ordre, en parallèle si possible.

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Mettre l'enfant en sécurité physique

Éloignez l'enfant du danger immédiat — chez des proches de confiance, dans un hébergement d'urgence ou en contactant le 17 (police) si le danger est immédiat. Ne laissez pas l'enfant seul avec le parent violent dans l'attente d'une décision de justice.

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Consulter un médecin ou pédiatre

Toute trace de violence doit être constatée médicalement le plus tôt possible. Le médecin peut établir un certificat médical décrivant les lésions et leur compatibilité avec les faits allégués. Ce document est une pièce essentielle pour la procédure juridique.

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Signaler au 119 ou au CRIP

En cas de danger grave, signalez la situation à la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) de votre département, joignable via le 119 (Allô Enfance en Danger). Ce signalement déclenche une évaluation et peut aboutir à des mesures de protection immédiates.

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Saisir le JAF pour mesures conservatoires

Un·e avocat·e peut saisir en urgence le juge aux affaires familiales pour obtenir des mesures provisoires : fixation de la résidence de l'enfant chez le parent protecteur, suspension du droit de visite du parent violent, interdiction de sortie du territoire.

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Conserver toutes les preuves

Rassemblez et conservez : certificats médicaux, photos de blessures, messages ou enregistrements, témoignages d'enseignant·es ou de proches, comptes rendus de consultation psychologique. Ces éléments seront déterminants devant le juge.

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Garde, résidence et autorité parentale

La présence de violences conjugales modifie en profondeur l'approche du juge sur les questions de garde. L'intérêt supérieur de l'enfant prime — et cet intérêt ne peut pas être compatible avec une exposition régulière à un parent violent.

Enfant en danger direct

Mesures de protection renforcées

  • Résidence exclusive chez le parent protecteur
  • Droit de visite suspendu ou très encadré
  • Autorité parentale exclusive possible
  • Interdiction de sortie du territoire sans accord
Enfant témoin de violences

Mesures de protection adaptées

  • Résidence chez le parent protecteur prioritaire
  • Garde alternée généralement refusée
  • Droit de visite via espace de rencontre neutre
  • Expertise psychologique de l'enfant possible

Important. Le parent violent peut contester les mesures et présenter l'autre parent comme aliénant. Un·e avocat·e est indispensable pour présenter les preuves de manière structurée et contrer ces arguments devant le juge.

Consulter notre guide : Divorce et violences conjugales
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Les dispositifs de protection de l'enfant

Au-delà des mesures de garde, la loi prévoit des dispositifs spécifiques pour protéger l'enfant et l'accompagner pendant et après la crise.

Ordonnance de protection

  • Inclut les enfants dans son périmètre
  • Prononcée en 6 jours ouvrés
  • Interdit l'approche du parent violent

Signalement 119 / CRIP

  • Déclenche une évaluation sociale
  • Peut aboutir à une mesure éducative
  • Accessible 24h/24, gratuit et anonyme

Audition par le juge

  • Droit de tout enfant capable de discernement
  • Droit d'expression, pas de décision
  • Peut être assisté·e d'un·e avocat·e

Accompagnement psychologique

  • Consultations via pédopsychiatre ou psychologue
  • Dispositifs gratuits (Éducation nationale, CMP)
  • Associations spécialisées enfants exposés
Consulter notre guide : Obtenir une ordonnance de protection
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Maintenir la protection après la séparation

La séparation ne met pas fin au risque. Le parent violent peut tenter de reprendre un contrôle sur l'enfant via le droit de visite, les échanges scolaires ou les procédures judiciaires. Plusieurs mécanismes permettent d'assurer une protection durable.

La révision des mesures

Les décisions sur la garde et l'autorité parentale ne sont jamais définitivement figées. En cas de nouveau danger ou de violation des mesures prononcées, le JAF peut être saisi à tout moment pour modifier les modalités. Chaque incident doit être documenté et signalé à votre avocat·e pour constituer un dossier évolutif.

L'interdiction de sortie du territoire

Si vous craignez un enlèvement parental international, vous pouvez demander au JAF une interdiction de sortie du territoire sans accord des deux parents. Cette mesure est enregistrée auprès des services de police aux frontières et figure sur le passeport de l'enfant.

Le suivi de l'espace de rencontre

Lorsque les échanges ont lieu dans un espace de rencontre neutre, des professionnel·les formé·es observent et consignent le déroulement des visites. Tout comportement inapproprié du parent violent est signalé au juge. Ces espaces sont des lieux de protection active, pas seulement de transmission.

La pension alimentaire peut être révisée à tout moment si la situation financière de l'un des parents change ou si les besoins de l'enfant évoluent. Un·e avocat·e peut saisir le JAF en révision sans attendre la prochaine audience.

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Les questions les plus posées

Questions fréquentes

Vous voulez protéger vos enfants en urgence ?

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