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Chaque année en France, des centaines de milliers de personnes subissent des violences au sein de leur couple. Beaucoup ignorent l'étendue de leurs droits ou hésitent à agir, par peur, par honte ou par manque d'information. Ce guide présente les droits reconnus par la loi française aux victimes de violences conjugales, les mécanismes de protection disponibles et les premières démarches à envisager.

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Ce que la loi reconnaît comme violences conjugales

Les violences conjugales désignent l'ensemble des comportements abusifs exercés par un·e partenaire ou ex-partenaire dans le cadre d'une relation intime, qu'elle soit maritale, pacsée ou de concubinage. Le droit français ne les limite pas aux atteintes physiques : l'article 222-14 du Code pénal punit les violences habituelles, quelle que soit leur forme.

Quatre grandes catégories sont reconnues :

  • Violences physiques — coups, blessures, séquestration, strangulation. Elles peuvent être constatées par un certificat médical établissant une incapacité totale de travail (ITT).
  • Violences psychologiques — insultes répétées, humiliations, menaces, isolement familial et social, surveillance constante, destruction d'objets. Elles constituent un délit autonome depuis la loi du 9 juillet 2010.
  • Violences sexuelles — tout acte sexuel imposé sans consentement, y compris au sein du mariage ou du PACS. Le viol commis par le conjoint·e ou le·la partenaire constitue une circonstance aggravante : il est puni de vingt ans de réclusion criminelle (art. 222-24 4° Code pénal).
  • Violences économiques — contrôle des ressources financières, interdiction de travailler, confiscation des revenus ou des documents d'identité, endettement forcé.

Vous n'avez pas besoin de présenter des blessures visibles pour que les violences soient reconnues. Les violences psychologiques et économiques sont punissables au même titre que les violences physiques.

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Vos droits fondamentaux en tant que victime

Dès lors que vous subissez des violences conjugales, la loi vous reconnaît un ensemble de droits que personne ne peut vous retirer. Ces droits s'appliquent quel que soit votre statut matrimonial, votre situation administrative ou votre lieu de résidence.

Le droit à l'information

L'article 10-2 du Code de procédure pénale oblige les autorités à vous informer de vos droits dès votre premier contact avec la justice ou les forces de l'ordre. Vous avez le droit d'être assisté·e d'un·e interprète si vous ne maîtrisez pas le français.

Le droit au maintien dans le logement

Depuis la loi du 28 décembre 2019, le juge peut ordonner l'éviction du conjoint violent du domicile familial, même si le logement lui appartient ou s'il est seul titulaire du bail. Vous n'avez pas à quitter votre domicile pour fuir les violences.

Le droit à l'assistance juridique

Vous pouvez être assisté·e par un·e avocat·e à toutes les étapes de la procédure : dépôt de plainte, audience devant le juge aux affaires familiales (JAF), procédure pénale. Si vos ressources sont insuffisantes, l'aide juridictionnelle prend en charge tout ou partie des frais d'avocat·e.

Le droit à la protection de votre identité

Votre adresse personnelle peut être dissimulée dans les actes de procédure. Vous pouvez domicilier votre plainte ou vos recours à l'adresse d'une association agréée d'aide aux victimes ou d'un service social.

Consulter notre guide : L'aide juridictionnelle pour les victimes
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Les protections juridiques disponibles

La loi prévoit trois mécanismes de protection d'urgence, accessibles rapidement sans attendre l'issue d'une procédure pénale longue.

Ordonnance de protection

6 jours ouvrés

Prononcée par le JAF — éloignement, logement, enfants.

Bracelet anti-rapprochement

Avant condamnation

Alerte automatique dès franchissement du périmètre de sécurité.

Attention. L'ordonnance de protection n'est pas automatique. Elle doit être demandée par la victime ou son avocat·e. La saisine du JAF doit être préparée avec soin pour maximiser les chances d'obtenir des mesures protectrices.

Consulter notre guide : Obtenir une ordonnance de protection
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Comment signaler les violences

Il existe plusieurs voies pour signaler des violences conjugales. Chacune entraîne des conséquences juridiques différentes. Un·e avocat·e peut vous aider à choisir la démarche la plus adaptée à votre situation.

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Le dépôt de plainte

Effectué au commissariat de police ou à la gendarmerie, il déclenche une enquête pénale. Les forces de l'ordre ont l'obligation légale d'enregistrer votre plainte. En cas de refus, vous pouvez adresser votre plainte directement au procureur de la République par courrier recommandé, ou vous faire accompagner par un·e avocat·e.

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La plainte avec constitution de partie civile

Déposée directement auprès du doyen des juges d'instruction, cette voie est adaptée aux faits graves (viol, violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours). Elle permet de déclencher une instruction judiciaire indépendamment de la décision du parquet.

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La main courante

Moins protectrice qu'une plainte, elle permet néanmoins de dater les faits et de constituer un historique documenté. Elle peut être un premier pas si vous n'êtes pas encore prêt·e à porter plainte formellement.

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Le signalement au procureur

Toute personne, y compris des professionnel·les de santé ou du secteur social, peut signaler des violences au procureur de la République. Si vous êtes en danger et ne pouvez pas vous déplacer, ce signalement peut être effectué par un tiers avec votre accord.

Consulter notre guide : Déposer plainte pour violences conjugales
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L'accompagnement par un·e avocat·e

Face à des violences conjugales, la présence d'un·e avocat·e n'est pas un luxe : c'est une garantie d'efficacité à chaque étape de votre protection. Il ou elle intervient sur trois fronts simultanément : la protection immédiate, la procédure pénale et le droit de la famille.

Protection immédiate

  • Saisine du JAF en urgence pour une ordonnance de protection
  • Demande d'éviction du conjoint violent du domicile
  • Mesures conservatoires pour les enfants

Procédure pénale

  • Assistance lors du dépôt de plainte
  • Constitution de partie civile
  • Suivi de l'instruction et des audiences

Droit de la famille

  • Procédure de divorce adaptée à la situation de violence
  • Garde et protection des enfants mineur·es
  • Prestation compensatoire et pension alimentaire

Aide juridictionnelle

  • Évaluation de vos droits à l'aide juridictionnelle
  • Accompagnement sans avance de frais si éligible
  • Accès à la justice quelle que soit votre situation financière

La consultation initiale avec Maître Benoît Gabert permet d'évaluer votre situation, d'identifier les mesures prioritaires et d'engager les démarches sans délai. Chaque situation est unique : ne restez pas seul·e face à ces décisions.

Consulter notre guide : L'aide juridictionnelle pour les victimes
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Les questions les plus posées

Questions fréquentes

Vous avez besoin d'être accompagné·e dans vos démarches ?

Maître Benoît Gabert vous accompagne dans l'urgence. Entretien confidentiel, réponse rapide.

06 79 41 70 28
Lun – Ven · 9h – 19h
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