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Vous subissez des violences de la part de votre conjoint·e ou ex-conjoint·e, et vous ne savez pas comment vous protéger rapidement ? L’ordonnance de protection est une mesure d’urgence prévue par la loi française pour mettre les victimes de violences conjugales à l’abri, parfois en quelques jours. Cet article vous explique ce qu’est ce dispositif, dans quelles situations il s’applique, comment l’obtenir et ce qu’il change concrètement dans votre vie quotidienne.

1. Qu’est-ce que l’ordonnance de protection ?

L’ordonnance de protection est une décision rendue par le juge aux affaires familiales (JAF), introduite par la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes et aux hommes. Elle permet de protéger une victime de violences conjugales — ou ses enfants — sans attendre l’issue d’une procédure pénale.

Ce dispositif repose sur une logique de protection immédiate : il n’est pas nécessaire qu’une plainte ait été déposée, ni qu’une condamnation soit intervenue. Le juge évalue la situation sur la base des éléments qui lui sont soumis, et peut prononcer des mesures contraignantes à l’égard de l’auteur·rice des violences.

L’ordonnance de protection s’adresse à toute personne victime de violences exercées au sein du couple, qu’il s’agisse d’un mariage, d’un PACS ou d’une relation de concubinage, y compris après la séparation.

Comprendre le rôle du juge aux affaires familiales (JAF)

2. Quelles sont les conditions pour obtenir une ordonnance de protection ?

Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection dès lors que deux conditions cumulatives sont réunies.

La première est l’existence de violences vraisemblables. Il peut s’agir de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. Le juge n’exige pas de preuve irréfutable : des éléments de contexte suffisent à établir la vraisemblance — témoignages, certificats médicaux, captures d’écran de messages, main courante, attestations de proches.

La seconde condition est la mise en danger de la victime ou des enfants. Le juge apprécie le danger au regard de l’ensemble des circonstances : répétition des faits, menaces, comportements de contrôle, antécédents judiciaires de l’auteur·rice.

Il n’est pas nécessaire de vivre encore sous le même toit que l’auteur·rice des violences. L’ordonnance de protection peut être sollicitée même après une séparation.

3. Comment se déroule la procédure ?

La demande d’ordonnance de protection est déposée auprès du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la victime — à Marseille, il s’agit du Tribunal judiciaire de Marseille. Elle peut être introduite par la victime elle-même, par son avocat·e, ou par le ministère public.

Une fois la demande enregistrée, le juge convoque les deux parties à une audience dans un délai de six jours. Ce délai court à compter de la fixation de la date d’audience par le juge, ce qui peut dans la pratique représenter quelques jours supplémentaires selon le calendrier du tribunal.

À l’audience, chaque partie s’exprime. Le juge peut entendre les parties séparément si la situation le justifie. Il rend ensuite sa décision, le plus souvent dans un délai de vingt-quatre à quarante-huit heures après l’audience.

  • Rédiger et déposer la requête au tribunal judiciaire
  • Rassembler les pièces justificatives (certificats médicaux, témoignages, échanges écrits, etc.)
  • Se présenter à l’audience, accompagné·e de son avocat·e
  • Recevoir la décision du juge et en assurer l’exécution

Être accompagné·e d’un·e avocat·e dès le dépôt de la requête permet de structurer le dossier, d’anticiper les arguments adverses et de défendre efficacement votre situation devant le juge.

Consulter notre guide complet sur l’ordonnance de protection

4. Quels effets concrets l’ordonnance de protection produit-elle ?

Le juge aux affaires familiales dispose d’un large éventail de mesures qu’il peut prononcer dans l’ordonnance. Ces mesures sont adaptées à chaque situation et peuvent être cumulées.

  • Interdiction pour l’auteur·rice des violences de se rapprocher de la victime, de son domicile, de son lieu de travail ou des établissements fréquentés par les enfants
  • Attribution du domicile conjugal à la victime, avec éviction du conjoint·e violent·e
  • Suspension ou aménagement du droit de visite et d’hébergement des enfants
  • Autorisation pour la victime de dissimuler son adresse lors des procédures en cours
  • Mesures relatives à la garde des enfants et à la contribution à leur entretien

L’ordonnance de protection est délivrée pour une durée de six mois. Elle peut être renouvelée si une procédure de divorce ou de séparation est engagée dans ce délai.

Garde des enfants et séparation : comment fixer les modalités ?

L’ordonnance de protection est un outil juridique puissant, mais sa mise en œuvre exige un dossier solide et une présentation rigoureuse devant le juge. Si vous êtes dans cette situation, ne restez pas seul·e face à ces démarches. Contactez le cabinet pour obtenir un accompagnement adapté à votre situation.

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